Donner du sens à ce que l’on construit : la question à se poser

On peut réussir et se demander à quoi ça sert. La question du sens n’est pas un luxe de fin de parcours, c’est ce qui permet de tenir. Comment la poser, et y répondre sans grands mots.

Pot en céramique artisanale posé sur une table en bois

Donner du sens à ce que l’on construit, ce n’est pas trouver une grande mission qui justifierait tout. C’est répondre à une question simple et souvent évitée : à qui est-ce que ça sert, en dehors de moi ? Tant que la réponse est floue, la réussite elle-même finit par sonner creux. On atteint l’objectif, on se demande pourquoi on ne ressent rien, et on en fixe un autre, plus gros, en espérant que celui-là fera l’effet attendu. Il ne le fait pas non plus.

Je vois ce moment arriver chez beaucoup de gens qui ont réussi ce qu’ils voulaient réussir. Ce n’est pas une crise, c’est une question qui n’a jamais été posée et qui finit par se poser toute seule. Autant la poser avant.

À retenir

  • Le sens ne vient pas des objectifs atteints, mais de ce que ce qu’on construit change pour d’autres.
  • La question à se poser : « qui va mieux parce que j’ai fait ça ? » Si la réponse est vide, le projet a un problème que le chiffre d’affaires ne réglera pas.
  • Le sens se construit par des choix concrets, pas par une déclaration d’intention.
  • Un projet qui a du sens se tient mieux dans les périodes difficiles. C’est son utilité la plus pratique.
Chemin de terre qui mène vers le lever du soleil

Pourquoi les objectifs ne suffisent pas

Un objectif est un point d’arrivée. Une fois atteint, il disparaît, et avec lui la motivation qu’il fournissait. C’est pour cela que les gens qui ne fonctionnent qu’aux objectifs passent leur vie à en fixer de nouveaux, toujours plus grands, avec une satisfaction toujours plus courte. Ce n’est pas un défaut de caractère. C’est la mécanique des objectifs.

Le sens fonctionne autrement. Il ne s’atteint pas, il se pratique. Il est dans ce que le projet fait aux gens qu’il touche, chaque jour, indépendamment de la taille de l’entreprise ou du montant sur le compte. C’est ce qui explique qu’un artisan qui fait bien son métier peut avoir une vie plus pleine qu’un dirigeant qui a tout gagné et ne sait plus pourquoi.

La question à se poser, et comment y répondre

Qui va mieux parce que j’ai fait ça ? Pas « quelle est ma mission », qui appelle des grands mots. Une question concrète, avec des visages. Un client qui a résolu un problème qui l’empêchait de dormir. Une personne qui a trouvé un travail grâce à ce que vous avez créé. Un lecteur qui a changé une habitude. Une famille que votre activité fait vivre, la vôtre comprise.

Écrivez les réponses. Si la liste est longue, vous savez pourquoi vous faites ce que vous faites, et il vous suffit de la relire les jours où c’est dur. Si la liste est vide ou se limite à « moi », ce n’est pas une catastrophe, c’est une information : le projet a un problème de direction qu’aucun résultat financier ne réglera. Et c’est souvent le vrai levier, celui dont je parle dans comment passer un cap.

Le sens se construit par des choix, pas par des mots

On ne donne pas du sens à un projet en écrivant une raison d’être sur son site. On lui en donne en prenant, à chaque décision, celle qui sert la personne au bout de la chaîne, même quand elle coûte un peu plus. Refuser un client qui ne serait pas bien servi. Faire une chose bien plutôt que trois choses moyennes. Dire la vérité à quelqu’un qui n’a pas envie de l’entendre. Chacun de ces choix est petit. Leur accumulation devient une manière de travailler dont on peut être fier, et c’est exactement ça, le sens.

Ce que ça change dans les périodes difficiles

Un projet qui n’a pour lui que ses objectifs s’effondre au premier trimestre raté, parce que plus rien ne le justifie. Un projet qui a du sens tient, parce que les gens qu’il sert sont toujours là, et qu’on ne les abandonne pas. C’est l’utilité la plus pratique du sens, loin de la philosophie : il fournit une raison de continuer quand les chiffres n’en fournissent plus. C’est pour cela que je considère la spiritualité et la contribution comme un domaine de vie à part entière, au même niveau que le business, et pas comme un supplément d’âme pour quand tout le reste est réglé.

Si vous voulez aller plus loin, je consacre un autre article à la suite logique de cette question : rendre ce qu’on a reçu. Et pour ma propre réponse à « qui va mieux parce que j’ai fait ça », elle est dans mon histoire.

Questions fréquentes

Comment trouver du sens dans un travail ordinaire ?

En regardant qui il sert, concrètement, et en faisant bien ce qui est à faire. La plupart des métiers ordinaires servent des gens réels. Le sens est rarement dans la nature du travail, il est dans la manière de le faire et dans l’attention portée à ceux qui en bénéficient.

Faut-il changer de projet quand on n’y trouve plus de sens ?

Pas avant d’avoir vérifié si c’est le projet qui a perdu son sens, ou vous qui avez cessé de regarder les gens qu’il sert. Dans le second cas, très fréquent, une conversation avec trois clients suffit à le retrouver.

Le sens et la réussite financière sont-ils compatibles ?

Ils se renforcent. Un projet qui sert vraiment des gens trouve des clients fidèles, et une activité qui gagne de l’argent peut servir plus de monde et plus longtemps. L’opposition entre les deux est une idée reçue qui arrange surtout ceux qui ne veulent choisir ni l’un ni l’autre.

Une conversation peut tout changer.

Un cap à passer, un projet, une intervention à organiser ? Parlons-en.

Spiritualité et contribution

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