Rendre ce que l’on a reçu : pourquoi la contribution fait partie de la réussite

Personne ne réussit seul. Rendre ce qu’on a reçu n’est pas une obligation morale réservée à la fin de carrière : c’est une pratique qui commence tôt et qui change la manière de construire.

Poignée de main entre deux personnes

Rendre ce que l’on a reçu, c’est reconnaître une évidence qu’on oublie vite quand ça marche : personne ne réussit seul. Il y a eu quelqu’un qui vous a fait confiance avant que vous ayez des preuves, quelqu’un qui vous a expliqué une chose qu’il aurait pu garder pour lui, quelqu’un qui vous a ouvert une porte. La contribution, ce n’est pas un chèque à une fondation quand on a tout gagné. C’est devenir, à son tour, cette personne-là pour quelqu’un d’autre. Et ça commence bien avant d’avoir « réussi ».

C’est l’une des raisons pour lesquelles j’ai créé Storyple : donner la parole à des gens qui ont passé un cap, pour que leur parcours serve à ceux qui sont en train de le passer. Chaque épisode est une manière de rendre ce que j’ai reçu de conversations comme celles-là. Celui avec Ludovic Franceschet, d’une famille d’accueil à la rue, il devient le Coluche de la propreté, en est un bon exemple.

À retenir

  • Rendre ne demande pas d’avoir réussi. Il suffit d’avoir un pas d’avance sur quelqu’un.
  • Les trois formes les plus utiles : transmettre ce qu’on sait, ouvrir une porte, faire confiance avant les preuves.
  • Contribuer change la manière de construire : on prend de meilleures décisions quand on sait que quelqu’un regarde.
  • Ce qu’on donne revient, mais ce n’est pas la raison de le faire, et ceux qui le font pour ça le font mal.
Main qui tend une fleur jaune

Faire l’inventaire de ce qu’on a reçu

Prenez dix minutes et listez les personnes sans qui vous ne seriez pas là où vous êtes. Pas les célèbres : les vraies. Le premier client qui a dit oui. La personne qui vous a corrigé sans vous humilier. Celle qui vous a présenté à quelqu’un. Celle qui a cru en vous à un moment où vous n’y croyiez pas vous-même. La liste est presque toujours plus longue qu’on ne le pensait, et elle remet à sa place l’idée qu’on s’est fait tout seul.

Cette liste a une deuxième utilité : elle vous montre exactement quelles formes de contribution ont compté pour vous. Ce sont celles que vous êtes le mieux placé pour offrir à votre tour.

Trois manières de rendre, dès maintenant

1. Transmettre ce qu’on sait

Vous n’avez pas besoin d’être expert. Vous avez besoin d’avoir un pas d’avance sur quelqu’un. Ce que vous avez appris l’année dernière est précieux pour la personne qui en est là où vous étiez. Un article, une conversation, une heure donnée à quelqu’un qui débute : c’est de la transmission, et elle vaut souvent plus que celle des experts, parce que vous vous souvenez encore de ce qui était difficile.

2. Ouvrir une porte

Une mise en relation coûte cinq minutes et peut changer une trajectoire. La plupart des gens n’en font pas, par oubli ou par peur d’engager leur nom. Faites-le, avec discernement, pour les personnes dont vous avez vu le travail. C’est probablement la forme de contribution la plus rentable qui existe, pour tout le monde.

3. Faire confiance avant les preuves

Quelqu’un l’a fait pour vous. Donner sa chance à une personne qui n’a pas encore de références, accepter un premier projet, prendre le risque d’un jeune qui débute : c’est ce qui manque le plus à ceux qui commencent, et ce que vous êtes désormais en position d’offrir.

Ce que la contribution change chez celui qui contribue

On présente la contribution comme un coût. C’est en réalité l’une des choses qui améliorent le plus la manière de construire. Quand on transmet, on est obligé de clarifier ce qu’on sait, et on découvre ce qu’on ne sait pas. Quand on ouvre des portes, on entretient un réseau fondé sur autre chose que l’intérêt. Quand on fait confiance, on attire des gens qui rendent cette confiance. Et surtout, on prend de meilleures décisions quand on sait que quelqu’un nous regarde comme un exemple. Le domaine spiritualité et contribution n’est pas le dernier des huit domaines de vie par importance. C’est celui qui donne leur direction aux sept autres.

Le piège : rendre pour recevoir

Ce qu’on donne finit par revenir, c’est vrai. Mais ceux qui donnent pour que ça revienne le font mal, et ça se voit : ils donnent aux gens utiles, ils tiennent les comptes, ils rappellent ce qu’ils ont fait. La contribution qui compte est celle dont on n’attend rien, adressée à des gens qui ne pourront probablement rien rendre. C’est aussi la plus agréable, parce qu’elle ne crée aucune dette, dans aucun sens.

Si vous cherchez par où commencer, relisez la liste de ce que vous avez reçu, choisissez une forme, et trouvez une personne cette semaine. Une seule. Et si vous voulez comprendre pourquoi cette question est liée à celle du sens, je la développe dans donner du sens à ce que l’on construit.

Questions fréquentes

Peut-on contribuer quand on n’a pas encore réussi ?

Oui, et c’est même le meilleur moment. Vous vous souvenez encore de ce qui est difficile au début, ce que les gens installés ont oublié. Un pas d’avance suffit pour aider quelqu’un.

Comment contribuer sans y passer tout son temps ?

En choisissant une forme et un rythme : une heure par semaine pour répondre à quelqu’un qui débute, une mise en relation par mois, un article de temps en temps. La contribution régulière et bornée tient dans la durée ; la contribution héroïque et ponctuelle s’épuise.

La contribution doit-elle être financière ?

Pas nécessairement. Le temps, l’attention, une porte ouverte et une confiance accordée ont souvent plus d’effet qu’un don, surtout quand on débute. L’argent vient s’ajouter quand il est là, il ne remplace pas le reste.

Une conversation peut tout changer.

Un cap à passer, un projet, une intervention à organiser ? Parlons-en.

Spiritualité et contribution

À lire ensuite

Tout le domaine