Tenir ses engagements envers soi-même : la méthode que j’applique

On tient ses promesses aux autres et on trahit celles qu’on se fait. Voici pourquoi, et la méthode simple pour tenir un engagement envers soi-même sans compter sur la volonté.

Paire de baskets posée sur un parquet devant une fenêtre

Tenir un engagement envers soi-même est plus difficile que tenir un engagement envers un client, pour une raison simple : personne ne vous demandera de comptes. Vous pouvez décaler la séance de sport, reporter la lecture du dossier, repousser la conversation que vous vous étiez juré d’avoir, et le monde continue exactement pareil. Sauf que quelque chose s’érode à chaque fois : la confiance que vous avez dans votre propre parole.

J’en ai fait une courte vidéo, parce que c’est le sujet qui revient le plus souvent dans mes accompagnements, bien avant les questions de stratégie. Les gens savent ce qu’ils ont à faire. Ils ne le font pas. Et ils pensent que le problème, c’est eux.

À retenir

  • Un engagement envers soi-même se tient comme un engagement envers un tiers : avec une date, un lieu et un témoin.
  • La volonté n’est pas une ressource fiable. L’organisation, oui.
  • Un engagement trop grand est un engagement qu’on ne tiendra pas. Réduisez-le jusqu’à ce qu’il devienne impossible de ne pas le faire.
  • Chaque promesse tenue, même minuscule, reconstruit la confiance en soi. Chaque promesse rompue la dégrade.
Main qui écrit au stylo sur une feuille, dans la lumière du soleil

Pourquoi on se trahit si facilement

Quand vous promettez quelque chose à un client, trois choses existent : une date, une conséquence si vous ne la respectez pas, et quelqu’un qui le saura. Quand vous vous promettez quelque chose à vous-même, il n’y a souvent aucune des trois. « Je vais me remettre au sport » n’a pas de date. « Je vais appeler ce contact » n’a pas d’heure. « Je vais lire davantage » n’a pas de mesure. Ce ne sont pas des engagements, ce sont des intentions, et les intentions ne survivent pas à une semaine chargée.

Le deuxième problème, c’est la taille. On se promet une heure de sport par jour alors qu’on n’en fait pas depuis deux ans. On tient trois jours, on rate le quatrième, et on en tire la conclusion qu’on n’est pas quelqu’un de discipliné. La conclusion est fausse. L’engagement était simplement mal dimensionné.

La méthode en quatre points

1. Une date, un lieu, une durée

« Mardi, 7 h 15, vingt minutes de marche autour du parc. » Voilà un engagement. « Faire plus de sport » n’en est pas un. Mettez-le dans votre agenda avec la même couleur que vos rendez-vous professionnels. Si quelqu’un vous demande ce créneau, vous êtes pris.

2. Réduire jusqu’à l’absurde

Prenez l’engagement que vous voulez tenir et divisez-le par deux. Puis encore par deux. Vous voulez écrire un livre ? L’engagement, c’est dix minutes par jour. Vous voulez courir ? C’est enfiler vos chaussures et sortir cinq minutes. L’objectif n’est pas le résultat de la première semaine, c’est de ne jamais rater. Un engagement minuscule tenu trente jours d’affilée fait plus pour votre confiance qu’un engagement ambitieux tenu trois jours.

3. Un témoin

Dites-le à une personne. Une seule, mais choisie : quelqu’un qui vous demandera des nouvelles sans vous juger. Un message le dimanche soir avec « fait / pas fait » suffit. C’est ce que j’installe systématiquement dans mes programmes, et c’est la partie que les participants trouvent la plus contraignante au début et la plus utile à la fin.

4. Une règle pour les ratés

Vous allez rater. La question est ce que vous faites après. Ma règle : jamais deux fois de suite. Un jour manqué est un accident. Deux jours manqués sont le début d’une nouvelle habitude, celle de ne pas le faire. Le lendemain d’un raté, l’engagement est prioritaire sur tout le reste, même s’il faut le réduire encore pour le tenir.

Ce que ça change, au-delà de l’engagement lui-même

Le vrai gain n’est pas dans les vingt minutes de marche. Il est dans ce que vous pensez de vous après trente jours de parole tenue. Vous devenez quelqu’un qui fait ce qu’il dit, d’abord à vos propres yeux. Et cette confiance-là se transporte : dans la négociation, dans la prise de parole, dans la décision de lancer ce que vous repoussez depuis un an. C’est de cette manière qu’on passe un cap, rarement par un grand saut, presque toujours par une série de petites promesses tenues.

Si vous voulez travailler ce point dans un cadre structuré, c’est l’un des premiers modules de Lifely, mon programme sur les huit domaines de vie. Et si vous préférez commencer seul, vous avez tout ce qu’il faut ci-dessus. Choisissez un engagement, réduisez-le, datez-le, trouvez votre témoin. Ce soir.

Questions fréquentes

Comment tenir un engagement quand on manque de volonté ?

En cessant de compter sur la volonté. Un engagement daté, réduit à une taille tenable, inscrit dans l’agenda et connu d’un témoin ne demande presque plus de volonté. Il demande de l’organisation, ce qui est beaucoup plus fiable.

Combien d’engagements prendre en même temps ?

Un seul, jusqu’à ce qu’il soit tenu trente jours sans effort apparent. Puis un deuxième. Les personnes qui en prennent cinq d’un coup en tiennent rarement un.

Que faire quand on a raté plusieurs jours ?

Reprendre le lendemain avec une version encore plus petite de l’engagement, sans chercher à rattraper. Le rattrapage transforme une habitude en dette, et les dettes se fuient.

Une conversation peut tout changer.

Un cap à passer, un projet, une intervention à organiser ? Parlons-en.

Mental et développement personnel

À lire ensuite

Tout le domaine